Publié le jeudi 19 février 2004
Jeudi 19 février 2004
Des promesses... vides !
Je ne trouvais pas normal que les médias ne remettent pas en question le principe même de l'enquête publique mis sur pied pour dévier le débat sur le scandale des commandites.
Une semaine après l'annonce de l'enquête par valet rampant, nous avons finalement un texte sur le sujet dans La Presse. La journaliste fait une comparaison intéressante avec ce qui se passe en Angleterre...
En Grande-Bretagne, c'est une épidémie. Depuis 10 mois, pas moins de quatre commissions différentes ont eu le mandat de se pencher sur la participation britannique à la guerre contre le régime de Saddam Hussein. Et le phénomène ne se limite pas à l'Irak. Quand le gouvernement Blair risque d'être éclaboussé par une affaire - n'importe laquelle - il se dépêche de nommer un juge pour «faire la lumière» sur le scandale.
Hier, valet rampant promettait que le comité parlementaire qui enquête sur le scandale des commandites aura accès aux documents secrets du cabinet.
Si on considère que les documents les plus compromettants auront disparu au moment où on en aura besoin, que dire de cette promesse ? Un truc de relation publique ? Tout à fait ! Et pourtant, ils seront nombreux les journalistes à "tomber dans le panneau".
C'est déja commencé si je me fie à ce que j'ai entendu au bulletin de nouvelles de TVA et à celui de Radio-Canada hier soir. Et que dire de ce titre en première page du Devoir d'aujourd'hui: "Le cabinet dévoilera ses secrets". Ne rêvons pas, le cabinet dévoilera bien uniquement ce qu'il veut dévoiler. Il me semble qu'on serait en droit de s'attendre à un peu moins de naiveté de la part des journalistes et présentateurs de nouvelles, non ?
Moi personnellement, je pense de plus en plus que valet rampant nous ment. Et que son enquête sera complètement inutile. Sinon, comment expliquer ceci ? "Média I.D.A Vision, une filiale du Groupe Everest, a obtenu des contrats totalisant 576 000 $, entre le 12 décembre 2003 (date d'arrivée de Paul Martin au pouvoir), et le 30 janvier dernier. La firme a entre autres obtenu le contrat de publicité de 488 280 $ du ministère des Ressources humaines le 14 janvier dernier."
Le ministre des travaux publics justifie le contrat en disant ceci: "Tant et aussi longtemps qu'une agence ne fait pas l'objet d'une enquête policière, a-t-il expliqué, elle peut continuer à faire affaire avec le gouvernement fédéral."
Considérant que dans le scandale des commandites, cette compagnie a empoché 3% de commission simplement pour émettre des chèques, peut-on demander pourquoi elle ne fait pas l'objet d'une enquête policière ?
P.S. Je me dois de souligner un bon coup. J'ai souvent critiqué Mario Dumont, mais cette fois je dois avouer qu'il a fait une intervention notable au sujet de la réaction plutôt molle de mouton insignifiant dans cette histoire de commandites...
«M. Charest ne semble pas avoir les coudées franches quand il parle du scandale des commandites» «Évidemment, entre le Parti libéral du Québec et le Parti libéral du Canada, on a des firmes communes qui aident. On a des individus communs, des employés de cabinet qui passent de l'un à l'autre»
Ceux qui se rappellent comment mouton insignifiant avait été parachuté comme le sauveur après le référendum de 1995, verront la pertinence de ces propos.
PUBLIÉ PAR M.PITOU |
le 2004-02-19 12:11:29
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